Le tigre du Bengale et le maquereau de la mer du Nord.

 Atelier syllabe chez Monique

Syllabe de la semaine, LE:
Léopard, lesbien, lézardé, lenteur, lecture, légende, lessiveuse, leurrer, légume, léthargie, légitime, léproserie.

    Il existe une légende, au royaume du Karnataka, qui parle d’un tigre féroce qui terrorisait les paysans qui osaient sortir seuls dans la forêt. On parlait de femmes et de jeunes filles entièrement dévorées dont on ne retrouvait même pas les sandales. Les chasseurs mandés par le maharadjah ne pouvaient trouver le fauve et l’affaire piétinait. Ils ne réussirent qu’à tuer un léopard qui rodait autour de la léproserie locale à la recherche de doigts ou autres extrémités tombés quand les malades jouaient au rugby. Le mystère restait entier.

    C’était sans compter sans le capitaine Fred Bottomless qui, à la lecture d’un article dans un vieux journal trouvé dans les toilettes de son casernement, s’intéressa à la bête mythique et décida de s’y frotter. Il battit la campagne, la montagne et la forêt durant de longues semaines sans aucun résultat tandis que les disparitions se succédaient. Le sikhs1découragement aidant, le beau capitaine commença à boire plus que de raison et ce fut ce qui lui permit d’élucider l’affaire. Un soir qu’il se déplaçait avec lenteur vers sa cabane, prenant appui sur le mur lézardé d’une villa, il entendit une conversation qui le tira instantanément de sa léthargie alcoolique. Il y était question de fuite et de conspiration, de leurrer un mari et de disparaitre sans laisser de traces.

    Fred escalada le mur en montant sur une lessiveuse qui trainait là et, prenant soin de passer inaperçu, retomba de l’autre coté… en plein dans un carré de légumes mal définis. Approchant d’une fenêtre ouverte, il assista à une conversation édifiante entre une jeune fille et une femme plus mûre, occupées à un rapport lesbien qui ne laissa pas le beau soldat indifférent. Armé d’une gaule légitime, il n’en demeura pas moins coi et eut enfin l’explication des disparitions à répétition.
    La propriétaire de la maison recevait d’autres femmes qui avaient à se plaindre de leurs vies conjugales ou bien rêvaient de vies plus trépidantes et les aidait à disparaitre, changeant leurs identités et les confiant à un soit disant ami qui les hébergerait à Bombay, ville de tous les délices. Renseignements pris, les malheureuses ne savaient pas qu’elles finiraient sur des trottoirs mal famés à assouvir la luxure des colons anglais.

haremcj6    Ayant le choix entre les remerciements des autorités du petit royaume par une décoration locale, lourde et brillante, et un travail plus exotique et bien mieux rémunéré, Fred proposa – ou plutôt imposa – ses services à la rabatteuse. Il démissionna de l’armée des Indes pour se consacrer à sa nouvelle carrière qui le combla jusqu’à la fin de ses jours.

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7 commentaires pour Le tigre du Bengale et le maquereau de la mer du Nord.

  1. Monique-Mauve dit :

    En effet, quelle lourde responsabilité que la mienne ! bisous

  2. giselefayet dit :

    Fred a choisi un service à la mesure de ses qualités d’investigation.
    Un humour ciselé pour les besoins de ce billet .
    Bravo

  3. patous77130 dit :

    j’aime bien lire les aventures de Frèd
    et ben tombé en pleins dans les légumes!!!!!!!!pliée
    pauvre chou
    curieux toi rire!!!!!!!!
    ta raison d’imposé tien

    mes bisoussss pour toi

  4. soryu64 dit :

    Fred, tu diras merci à Monique qui t’as donné l’occasion de trouver un boulot à ta mesure ! Tu ne pouvais pas laisser passer une telle occasion, forcément ! 😀
    Bravo pour cette histoire, je me demandais quand et comment tu allais placer le mot « lesbien », j’avoue que je ne m’attendais pas à ça ! 😀 Super ! Bises.

  5. Ping : Billet récapitulatif de l’Atelier des Lettres LE de ZAZABelle chez moi « Monique-Mauve

  6. paprika29 dit :

    Sauvée….je ne porte jamais de sandales

    un bien beau texte que voila

    gros bisous Fred

  7. Frederic dit :

    En me relisant, je m’aperçois que je ne dois pas respecter à la lettre la consigne de texte court… je ne réclame aucune clémence pour mes fautes ! Amusez vous 🙂

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