Une autre métamorphose.

J’ai dans mes amies une autre habile plume qui l’autre jour m’a ravi d’un joli poème sur le thème proposé du printemps. Cette amie n’a pas de blog et donc pas beaucoup de moyens de partager mais je vais le faire aujourd’hui. Voici ce poème que je vous livre avec l’image qui l’a inspiré, un dessin original de Fred Fields dont vous pouvez trouver d’autres illustrations sur le net..

PrintempsHJ

L’en-vert de la femme

Tôt ce matin, elle s’est éveillée, a baillé,
Puis a senti soudainement son sang rugir,
A entendu l’appel du flot rouge dans ses veines.
Renonçant à son lit, elle s’en est extirpée,
S’est approchée du miroir et, lascive, s’étire.
Mais l’image reflétée n’est pas aussi sereine :
Les cheveux bouillonnants, fous, verts et mordorés
Sont parsemés de feuilles estampés d’une lyre.
Les yeux sont parcourus de fulgures si soudaines,
Vert acide, qu’on les croirait rien moins qu’étrangers.
Le parfum d’herbe coupée autour d’elle inspire
L’envie de vert, la faim d’un fruit, la soif suprême.
Sa peau veloutée, tout doucement, s’est teintée
D’un vague reflet vert, si léger qu’elle peut rire;
Mais autour d’elle, tout à coup, le vent se déchaîne.
Sur son corps naissent des fleurs blanches, jaunes, rosées.
Des ongles d’écorce se substituent au cuivre.
La toison du pubis se mue en herbe elle-même
Tandis qu’une fragrance âcre d’humus mêlée
Aux parfums de la terre lui donnent envie de jouir.
Sur ses paupières, fard subtile, tombe le pollen
En un maquillage, une parure irisés.
Là où les reins se creusent, reptiliens tels la Vouivre,
Là où la taille fine appelle bijoux et chaînes,
Là où le cou, la nuque invitent aux baisers,
Là où bat le tambour qui donne envie de vivre
Haut siège des passions, des amours et des peines,
Là où se déposent la morsure et la fessée
De l’amant qui fait mal par amour, par plaisir,
De l’amant qui caresse, tendre, brutal, sans haine,
Là où naît la sueur, parfum à se damner,
Là où le pied gracieux, cambré, léger et libre,
Même s’il n’a pas encore la forme mercurienne,
Rejoint à la cheville la jambe au doux galbé
Puis la cuisse nerveuse et l’objet du désir,
Ne reste que le vent qui fait chanter le chêne.
Elle se regarde enfin de la tête jusqu’aux pieds.
Devant ses seins ronds, lisses et fermes, elle soupire
Et dans un ravissement, elle se voit aérienne,
Libérée de l’hiver et métamorphosée,
Devenue Le Printemps un beau matin d’avril.

Avril 2013 – Hérésielle Jasper.

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8 commentaires pour Une autre métamorphose.

  1. Martine Bond dit :

    Mais le thème de l’atelier sur la Métamorphose avait des mots imposés il me semble, je n’en vois pas dans ce texte, surtout l’escargot qui nous a donné du fil à retordre….
    Bonne journée châton !
    Bisous doux

    • Martine Bond dit :

      Je me triture la tête depuis ce matin pour savoir ce que peut bien vouloir dire le titre de ce poème, je ne dois pas être suffisamment intelligente pour en comprendre le sens, mais afin de me coucher moins bête, il serait bien que cette amie explique la définition du mot « en-vert » !

      • Martine Bond dit :

        Bon, j’étais venue voir si j’avais une réponse à mon interrogation, mais je crois que c’est débile d’attendre… je n’en aurai sans doute pas.
        Bonne journée à vous

  2. merci de ce partage, c’est tout simplement sublime
    bonne fin de journée
    bisous
    Mandrine

  3. patous77130 dit :

    une bien joli plume
    heureusement que tu es là pour nous faire partager ces mots elle écrit super bien Hérésielle bravo
    un super partage
    bisoussss et bonne soirée

  4. Frederic dit :

    Je lui transmets tous vos commentaires… oui, tous. Et elle est ravie !

    • Martine Bond dit :

      Tu vois bien, quand je te disais, il n’y a pas plus tard que 5 mn que les commentaires sur des billets ravissaient les gens ! donc si tu les as tous transmis… tu dois avoir la réponse de la signification de « l’en-vert de la femme » et pour ne pas te faire perdre plus de ton précieux temps, tu aurais dû faire une pierre deux coups et y répondre !

      • Martine Bond dit :

        Sinon, explique-moi toi ce que ce titre peut vouloir dire ou quelqu’un d’autre, j’aime comprendre les choses, tu le sais très bien.

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