Où sont donc nos Capitaines ?

Le temps est venu de vous dévoiler les textes de l’atelier, du moins ceux que vous n’avez pas découverts par vous-même. Voici donc les liens déposés sur mon blog et des textes de mes amies de Second Life.

  • En premier, vint Jacques et son parler si fleuri, ses accents du Sud, et ses histoires souriantes.
  • Puis, Gisèle a déposé rien de moins qu’un sonnet, tendre et exotique comme une île du Pacifique.
  • Martine arriva ensuite, parlant de son Capitaine, et de ses aventures extraordinaires.
  • Puis l’humble Mandrine me conta le Tendre avec une majuscule car c’est là qu’elle excelle.
  • Que je n’oublie pas Valérie, ma sirène parisienne et sa nostalgie d‘un fier-à-bras croisé au détour d’un quai humide.
  • Un grand bonheur arriva aussi avec un courriel de ma propre belle-sœur et le début d’une correspondance qui me ravit… c’est elle qui fait toujours les “compliments” dans les repas de famille et elle est très douée… je vous laisse apprécier !

A corps imparfaits, accord parfait, par Marie Odile

Longtemps elle s’était assise à la même petite table ronde isolée, enjuponnée d’une longue nappe blanche, au coin de la terrasse vitrée de ce bar un peu chic maintenant vidé de ses estivants, toujours vers dix-huit heures.

Ses yeux lestés d’un regard triste se contentaient d’observer tour à tour les vagues se fracassant à un rythme régulier contre les bords du bassin où était amarré un navire solitaire et la transparence silencieuse de son Blue Lagoon quotidien.
Un ultime rayon du soleil couchant s’emprisonna dans le diamant qu’elle portait à l’annulaire droit et le reflet furtif mais fulgurant sur la pierre précieuse le foudroya au moment où de son pas encore allègre de sexagénaire, il longeait la terrasse, figeant subrepticement l’élan de sa marche dans un temps presque hors du temps.

Il parcourut encore quelques mètres pour dépasser le coin de la terrasse, dans la conscience exacerbée de se situer au bord d’une frontière où quel que soit le choix qu’il opère, le pas avant ou le pas en arrière donnerait à son existence une couleur définitivement différente mais sa vie passée de capitaine au long cours lui avait enseigné que dans la prise rapide et ferme de décisions résidait l’ important secret de la survie.
Il fit demi-tour, pénétra dans le bar, se dirigea le plus lentement qu’il put vers la petite table , s’inclina un peu, si peu, demandant sans paroles la permission de s’asseoir. Un battement de paupières recouvrit alors les yeux clairs de la femme, plongée un quart de seconde elle aussi au cœur de l’imprévu virage que pouvait prendre sa vie à cet instant.

Il perçut nettement le froissement de l’étoffe de sa robe quand elle s’appuya doucement au dossier de la chaise, en un mouvement évident de détente, relâchant le maintien un peu raide dont elle avait fait preuve depuis qu’il s’était assis face à elle, à cette table isolée où il s’invitait pour la première fois. Le crissement de ses bas ne lui échappa pas quand elle déplia l’une de ses jambes sous la nappe qui les lui cachait, pas plus que ne lui échappa le glissement répété de sa main droite derrière son oreille pour remettre en place une mèche un peu rebelle de ses cheveux déjà gris pourtant soigneusement coupés avant de porter à ses lèvres le verre bleuté qui capturait dans ses flancs évasés la brillance de la bougie qu’un serveur discret avait allumée.

Il s’absorbait dans la moindre palpitation de ses gestes, attentif aux atomes naissants de transpiration qui perlaient sur sa lèvre supérieure et en goûtait intérieurement la saveur salée qu’ils promettaient. Le décolleté pourtant discret attirait avec insistance son regard qu’il dut violenter pour plonger avec décence à nouveau ses yeux dans les siens où il crut discerner une lueur soudain souriante et gourmande.

L’envie de refermer sa main sur la sienne qui reposait sur le bord de la table le tenaillait mais il craignait de la brusquer et plus encore, de s’être trompé. Les lèvres minces s’entrouvrirent. Il s’inclina de nouveau légèrement vers elle, tendu vers des mots qu’il osait espérer : « Emmenez-moi » murmura-t-elle d’une voix grave qu’il ne connaissait pas encore chez cette femme à l’air si réservé.

Ils parvinrent en silence près de sa voiture, dans le crépuscule d’une journée  exceptionnellement ensoleillée pour la saison qui laissait s’exhaler d’un mur de briques tout proche le parfum adouci des dernières roses qui s’y agrippaient encore. Les doigts retentissant des battements de son cœur qu’il s’efforçait de dominer, il lui ouvrit la portière et la laissa s’asseoir. Sans précipitation, il fit le tour de son véhicule, s’installa à ses côtés et prit le temps de la regarder encore longuement, comme avec reconnaissance, avant de se décider à mettre le contact. Il tourna le volant et sentit sur sa cuisse la chaleur d’une main qui venait de se poser dans un abandon sans hésitation.

Muet dans l’habitacle tiède, il conduisit calmement pendant les quelques kilomètres qui les séparaient de son domicile, leurs yeux à tous deux fixés sur la route, dans l’attente grisante et sereine à la fois de cette étreinte à venir, enveloppés dans l’intensité de cet instant inattendu mais décidé à l’automne de leurs vies.

Elle glissa une main toujours confiante dans la sienne quand il gravit la première marche qui les menait au seuil de la chambre, les yeux déjà amoureusement rivés sur la nuque de cet homme, riche d’un passé vécu sans elle, qui assumait sans effroi les marques du temps.

La porte complice s’ouvrit et se referma sur eux.

 

coquillage

 

Il me reste à vous offrir les textes de mes deux autres amies virtuelles… Eluna et Ndrix, chacune avec un style particulier et de jolies surprises, pour que votre plaisir continue.

ile01

La Légende de l’Île, par Eluna.

Sur l’océan des illusions, par une nuit d’orage,
Le capitaine de l’Espoir a entrepris un long voyage.
Au gouvernail de son beau navire, il regarde l’horizon
Le vent dans les voiles l’emmènera à destination.

La houle fait tanguer le grand trois mats.
De la proue à la poupe, les marins mènent un combat
Contre la tempête qui soudain s’est déchainée,
Comme pour les empêcher d’avancer.

Soudain, tout s’arrête, plus de vent plus un bruit,
Tout semble se figer dans cette nuit infinie.
Sur la mer d’huile, le temps s’est immobilisé.
Rien ne bouge, les matelots sont paralysés.

Le capitaine observe mais ne comprend pas,
Il monte au hauban du grand mat.
Serait-ce qu’une magie les aurait envoutés ?
Quant au loin, un chant mélodieux s’est élevé.

De la hune, il peut voir comme une procession,
Sur un trône de diamant un immense triton,
Escorté de sirènes, s’approche du vaisseau,
Dans sa main semble scintiller un flambeau.

De sa voix grave, il entonne une mélopée,
Parlant d’une légende partout racontée.
Dans le reflet de la lune, des images défilent,
Montrant une jeune fille perdue sur une île,

Elle tient dans sa main une pierre dorée.
La mélodie continue et semble divulguer
Un secret important sur la suite de l’aventure
« Il te faut continuer, augmenter ta voilure

Quand tu la rencontreras tu sauras enfin
Elle est ton avenir cela est bien certain. »
Tout redevient normal, les marins désenvoutés,
Le capitaine leur donne la direction à observer.

Le navire vogue tous voiles dehors,
Ils arrivent près d’une ile inconnue encore.
Dans une chaloupe, ils ont pu accoster
Et restent éblouis par tant de beauté.

Une jeune fille s’approche du commandant :
« Je vous attend depuis si longtemps,
Je croyais mourir sans connaître le bonheur ».
Ces seuls mots lui transpercent le cœur,

Il se perd dans la transparence de son regard,
Il sait, que pour lui, il n’y aura plus de départ.
Il la suit jusqu’au cœur de l’ile enchantée,
Laissant ses matelots sur la plage hébétés.

La légende raconte qu’on ne le revit jamais,
Que certaines nuits sans lune, l’ilot apparait.
Que des rires et des chants s’élèvent dans le vent,
Révélant le bonheur des deux jeunes amants.

 

homme-divan

Mon Tendre, par Ndrix.

J’observe ton reflet laissée dans mon âme
J’admire la transparence  de nos rires échangés
Je goute la quiétude dont ton regard est chargé
Je respire l’air qui anime cette flamme

Et je souris de plaisir
Là, toute seule devant mon album
Je n’ai qu’un seul désir
Suivre du doigt ta géographie d’homme

En fière capitaine de tes sens, garder le cap
Aller découvrir émue tes vierges rivages
Du bout de mes doigts agiles pas toujours très sages
Sentir ton navire perdre le nord sous mes tapes

Vouloir récolter de ton plaisir les diamants
Et me faire de ces pierres la plus belle des parures
Que je porterai fièrement avec allure
A chacun de mes soirs importants

Et je souris de plaisir
Là, toute seule devant mon album
Je n’ai qu’un seul désir
Modeler de mes doigts ta géographie d’homme

 

Merci à toutes et eux pour de bien jolis textes ! Et a très bientôt pour d’autres mots partagés ! (Un merci spécial à Martine sans qui ces billets vous parviendraient remplis de fautes d’orthographe, de grammaire et de ponctuation…. qu’elle en soit ici remerciée !)

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18 commentaires pour Où sont donc nos Capitaines ?

  1. Valérie dit :

    Et moi, je compte pour du beurre ? J’ai déposé sur Amitié2012, comme il se doit.
    😉

    • Martine Bond dit :

      LOL ! bienvenue au club des oubliés Valérie !!

      • Frederic dit :

        Bon, ok pour Valérie dont je pose le lien de suite… mais toi, Martine, tu figures dans le récapitulatif !
        Désolé, Val… je pensais que les écrits de notre blog devaient rester privés… je peux t’offrir un dîner pour me faire pardonner ? 🙂

      • Martine Bond dit :

        Oui je sais Fred… mais j’ai un billet atelier chez moi que tu as juste dû oublier de lire… (c’est juste histoire de répondre !)

      • Martine Bond dit :

        Je connais une adresse d’un restaurant libanais pas dégueulasse du tout ! lol (et je paie ma part, comme d’habitude…)

      • Martine Bond dit :

        Fred, pour ne pas dévoiler votre blog secret à d’autres, tu aurais dû recopier le billet de Valérie, du coup il perd de sa privatisation et j’hésite à y aller…

      • Valérie dit :

        Tu t’en sors bien 😉
        Il faut voir avec Zaza mais nous sommes plusieurs administrateurs (dont moi) et nous n’avons jamais parlé d’en faire un blog privé en ce qui concerne sa lecture.

  2. Martine Bond dit :

    La plupart, je les avais lus ou entendus… Mais je voulais dire un bravo tout spécial à Marie-Odile pour son texte que j’ai eu la joie d’entendre lu par Frédéric… et j’avoue que j’ai eu du mal à me reprendre après cette lecture à cause de l’émotion… Merci de cette participation et bienvenue au club !
    Bises à tous

  3. Valérie dit :

    Martine, tu cliques. Ca n’est pas privé. Ca veut dire quoi ça !!! Fred sème la zizanie ?

  4. giselefayet dit :

    Me suis régalée à la lecture des textes que je n’avais pas vus . Je suis aussi allée rendre visite à Val , fallait pas ? .
    Bonne journée
    Bisous

  5. patous77130 dit :

    ouaaaaaaaaa !!!!!!!!!!!!!et merci Frèd et à toi Martine
    un vrai régal
    je vais voir les liens

    bisoussss à tous et toutes ici

  6. Martine Bond dit :

    Merci à toi Patou, mais moi je n’y suis pour rien tu sais… J’oublie moi-même en tapant vite des fautes sur mes billets ! Personne n’est parfait ! Et comme cela me désole quand je vois de si beaux textes avec des erreurs d’inattention… je répare dans l’ombre en signalant celles-ci à notre ami commun que je remercie aussi ici de l’avoir signalé !
    Bisous à toi aussi et bienvenue si cela te dit de participer un jour ou l’autre à des ateliers chez moi

  7. Hillion Marie-Odile dit :

    Merci Frédéric de faire ma promo pleine page. Et toutes mes excuses à Martine de l’avoir chamboulée!!!

    • Frederic dit :

      Ah, ça… elle est sensible et elle ose le dire. Pas comme moi 🙂

    • Martine Bond dit :

      Ahhh Marie-Odile…. si tu savais ! lol
      Il m’avait tellement chamboulé ton texte que c’est moi qui est rappelé à Fred qu’il avait omis de le mettre !
      Et vlan…. un petit drame familial ! yes j’adore… hi hi
      Ne veux pas Fred… Je sais comment tu vas encore m’appeler, tu veux que je le dise maintenant même ! Allez, c’est bien parce que c’est jeudi…. « Oh la Peste ! »… MDR

      • Martine Bond dit :

        Ouh la vilaine, elle a même laissé une énorme faute, tellement contente de sa bêtise ! (qui ai rappelé à Fred….)

  8. ils sont sublimes les textes que je viens de lire,
    merci pour ce partage, et merci de m’avoir offert ce voyage
    bonne fin de journée
    bisous
    Mandrine

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