Mercredi 18 mai

Mercredi 18 mai.
Après une nuit sans rêves, ou du moins aucun dont je ne me souviennes, je m’éveille dès que le soleil caresse les rideaux. Il est trop tôt ! Je me tourne et je referme les yeux, me retourne, et encore, pas pressé du tout de me lever. Je n’ai rien à faire avant 8 heures, heure d’ouverture du petit bistrot de la plage qui propose un peu d’épicerie et le pain frais du matin. Je me grattouille le nez, le dessus de la tête… (tu es sûre de vouloir lire tout ça ?) et les… euh… disons que je vérifie mon intégrité avant de commencer la journée !
Je finis par me lever précautionneusement, pour ne pas éveiller ma moitié, et je vais m’installer dans la pièce principale du mobil-home (j’hésite à appeler cette pièce la salle). J’allume le portable et je commence à rédiger le compte-rendu de ma journée de mardi, hier. Il est 7 heures, le temps est clair, la journée promet d’être belle.
A 8h15, je vais acheter le pain. Un peu de marche finit de réveiller mes muscles, je respire profondément et je m’ouvre aux senteurs du matin. Je déjeune d’un crouton, de fromage et d’un verre d’eau – ne pas oublier d’acheter du jus de fruit, l’eau est fade. Toilettes, débarbouillage, lavage des dents, petite pensée pour ceux qui partent travailler…
Quand ML se lève enfin, j’ai rédigé mon billet et je m’éclipse pour tenter une connexion au Net. Le camping de la Ferme d’Erromardie est un des plus beau de la côte basque, et il offre le WiFi gratuitement à ses visiteurs, mais la concurrence semble rude ; je n’arrive à rien ! En regardant autour de moi, je ne vois personne qui pianote mais Dieu seul sait ce qui se passe dans l’intimité des caravanes !
C’est bien simple, il m’est impossible d’obtenir le chargement de mes liens durant la journée. Je n’ai du réseau qu’après la tombée de la nuit, quand les vacanciers ronflent dans la quiétude de leurs petits lits de fortune, rêvant de baigneuses allongées sur le sable ou de gateaux basques improvisant une farandole. Mais je m’égare ; je ne peux rien faire sur le net avant 22h et les conditions restent acceptables uniquement parce que les températures sont clémentes et le ciel sans nuages.

A 10h30, nous quittons le camping pour aller à la Rhune, montagne de 905m de haut, où un petit train à crémaillère permet de faire l’aller et retour jusqu’à un point de vue exceptionnel sur la France, l’Espagne, la côte basque. Pour vous donner un ordre d’idée, et avant de vous montrer les photos, le dénivelé est de 700m, sur 4km que le petit train monte en 30 minutes. J’hésite à me lancer dans la description des paysages, même les photos ne peuvent rendre la magnificence de ces vallées verdoyantes, de ces pentes rocailleuses, de ces mollets extraordinaires… hein ! Oh, pardon !

Je dois digérer tout ça et, peut être alors, je poserai mes impressions sur le papier.
Nous avons décidé de monter par le train et de redescendre à pied. Selon les indications, la montée des marcheurs moyens dure 2h30, la descente 2h. Nous la ferons en 1h3/4 avec quelques (courtes) pauses dédiées à la réhydratation ou à la photographie des paysages.
La montée doit être plus éprouvante pour les muscles, la descente l’est pour les articulations et l’équilibre. Il suffit de plier un peu les genoux pour se stabiliser et surtout éviter de glisser sur la terre sèche et poussiéreuse. Les cuisses fatiguent vite à ce rythme et, au moment où je tape ceci, vendredi matin, je grimace toujours un peu en me levant ou m’asseyant !

Ces montagnes sont peuplées de petits chevaux laissés en liberté, des potoks, sans assurance sur l’orthographe. Je n’ai aucune idée si ils appartiennent à quelqu’un. En cette saison, les deux tiers des juments sont pleines et le tiers restant a déjà pouliné. Certaines pentes sont couvertes de ces chevaux, bruns, ou blancs tachés de brun, libres de leurs mouvements, jamais craintifs, et accompagnés des poulains. Vu le nombre de personnes qui passent, le retour à la vie sauvage est très relatif. Ils restent surtout à proximité de creux de roches d’où suintent de petits filets d’eau où ils viennent boire. On les voit parfois patienter, en file indienne, certains individus, sans doute d’un rang plus élevé dans le groupe, ayant préséance sur l’assoiffé de base ; les poulains passent, prudemment, en dernier.
Nous revenons au parking où je me débarrasse de mon t shirt trempé de sueur et nous reprenons la route pour une bonne douche. Les jambes se refroidissent lentement et les premières douleurs apparaissent. J’adore me sentir vivant au point d’avoir mal aux muscles !
Douche, donc, et une soif difficile à étancher. Mon beau frère et ma belle sœur sont arrivés dans l’après midi et logent dans un hôtel pas loin, l’occasion est trop belle de dîner ensemble. Je vais garder mes zoris pour reposer mes pieds. Je tente d’enfiler une chemise mauricienne brodée dans laquelle j’avais du mal à respirer la dernière fois que je l’avais sortie, il y a plus d’un an… et elle me va à merveille maintenant que j’ai perdu certains kilos superflus. Je suis trop content ! J’espère que ça va continuer, même après deux semaines de restaurant. Je vais faire attention… demain…
Dans une ancienne ferme au nom imprononçable pour un non-basque, nous nous attablons pour la sangria traditionnelle, puis nous gagnons la salle de restaurant où nous sont tendus les menus. Moment grave si il en est, l’épluchage du menu est comme le déshabillage de son amante, un moment de pur fantasme qui s’atténue dès qu’on réalise que notre menu idéal serait un mélange des plats piochés dans deux ou trois menus tarifés. Et puis, tournant la page, nous tombons sur des assiettes qualifiées de conviviales ! Je choisis la Farandole de viandes et les trois autres les Assiettes du Pécheur. Autour d’un petit tas de mini spaghettis – que j’ai préféré aux cèpes proposés – j’ai, par deux morceaux, du foie gras poêlé, du filet mignon, du magret, une cuisse de canard confite, un morceau de bœuf et de l’agneau, le tout baignant dans une sauce brune au goût extraordinaire.
Il a été commandé une bouteille de vin blanc pour le poisson et du cidre… que je boirai seul à cause de… Faut que je vous explique ! Nous venons d’un pays où le cidre est consommé du matin au soir, brut, sec, demi sec, allongé d’eau, agrémenté de sirop ou d’alcool plus fort et j’aime gouter aux produits régionaux. Le cidre qu’on nous a servi était plat, sans gaz ! Un drôle de bouchon restait sur la bouteille, sorte de T percé en son centre, dont le restaurateur nous a fait démonstration. Il s’agit de commencer à verser et de lever la bouteille, un peu comme on fait du thé à la menthe de l’autre coté de la Méditerranée, afin d’aérer la boisson. Dans le cas du cidre… le résultat est mitigé. J’ai aimé le cidre, même sans bulles, avec une amertume bien équilibrée : j’ai bu la bouteille quasiment seul.
Restant dans les traditions, j’ai fini par un gâteau basque à la crème et nous sommes rentrés après avoir réglé une addition qui me permet de manger pendant deux semaines quand je suis chez moi !
Connection à internet, postage des billets de lundi et mardi… bisous divers et dodo !

Voici quelques photos, la dernière est mon poste de travail pour internet 😉 Pour les billets, je changerai quand je serai rentré !

Publicités
Cet article a été publié dans Humeurs, Voyages. Ajoutez ce permalien à vos favoris.

3 commentaires pour Mercredi 18 mai

  1. fanfan la reveuse dit :

    Bonjour Frédéric !
    RRRooo Mr Frédéric nous allons tous savoir sans rien payer, mdr !
    Dans tes publications il y a toujours de l’humour c’est super agréable, ils respirent l’authenticité 😉
    N’as tu pas la sensation de friser l’impudeur, tellement tu donnes de ta personne mon cher Frédéric ?
    Sacré Fred va !
    Zou je file, car tu me donnes bien d travail toi, pourtant tu es en vacances, lol !

  2. patous77130 dit :

    Ce qui est assez marrant c’est quand te lisant j’ai l’impression d’ouvrir un livre
    on ressent tout
    quand tu parles de douleurs des genoux aller sur les hauteurs
    je me souviens aussi de ces moments en AUVERGNE
    même si je ne suis pas de ce voyage
    j’ai l’impression que je le fais
    tu vois ce que je veux dire
    on en a pleins la vue découvrir et puis les restos
    tout sa
    tu vois
    c’est sa la vie
    pas d’heure
    apprécier
    sa ce passe tout intérieur
    notre intérieur
    voilà

    merci encore
    mes bisousss pour toi et Marie-Laure

  3. giselefayet dit :

    Merci de partager avec nous la découverte de cette région au jour le jour . Pour la gastronomie je me souviens aussi de mets succulents lors de mon dernier passage au pays basque , par contre le petit train de la rhune j’y suis allée avec mes parents dans ma petite enfance je ne me souviens plus du tout .
    Les pottoks sont vraiment des chevaux agréables , j’en ai croisé pas mal en randonnées et il m’est arrivée aussi d’en monter .
    Bravo pour le carnet de vacances , textes et images font rever .
    Bonne semaine
    Bises

Répondre

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l'aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s