Résumé d’une journée pas comme les autres…

Impressions_02_1 

"Je peux vous demander pourquoi vous prenez mes affaires en photo ?"
     La douche froide ! J’ai quasiment fini mon tour des stands et voilà que je tombe sur cette femme qui va me donner l’envie de mordre ainsi que le fil de ce billet.

Impressions_18_1      J’ai pris l’appareil photo, c’est indispensable partout, mais surtout ici où les sujets ne manquent jamais (d’ailleurs, qui sait ce que Josy va nous proposer comme sujets des prochains concours photo ?). Je marche lentement dans les rues transformées en magasins de trottoir, croisant les heureux acheteurs de leurs rêves du moment. J’ironise – oh, rien qu’un peu – parce que je ne sais pas proposer à d’autres ce qui ne me plait plus à moi. Alors que je vois souvent des objets que j’ai envie d’acheter mais que je n’ai pas la place d’héberger; mon garage est tellement plein de ces choses qui risquent de servir un jour !

     Il est étonnant de constater comment, ne pouvant amasser d’or en banque, on cherche à entasser des saloperies inutiles. On les destine à qui ? On a acheté le modèle suivant, chromé, électronique, multicanal et anti-stress, parfumé à l’extrait de zenitude et qui clignote, en plus. Alors, vous pensez si le vieux coucou va se retrouver dans notre héritage !

"Oui, m’dame Jojo, ça me vient de mon père qui le tenait lui même de son père. On sait plus à quoi ça servait mais mon arrière grand-père, qui l’avait acheté en cadeau à mon grand-père, avait dû le payer cher. On ne plaisantait pas avec la qualité à cette époque ! Alors, hop ! Un coup de peinture et deux soudures et voilà de quoi accrocher douze decrotte-sabots. Maintenant, on cherche des decrotte-sabots… une dizaine, bien conservés, pour aller avec celui que notre voisine, Zéphyrine, nous a donné l’an passé aux étrennes. En voilà une brave femme, quel grand cœur !"
Impressions_17_1      Le grand cœur il t’a refilé son bout de ferraille parce qu’il s’est payé un vélo, bécasse ! Et sois sûre qu’elle va te refiler ses casseroles en cuivre dès qu’elle reçoit le lot d’ustensiles spécial induction qu’elle s’est commandé. Tu sais quoi ? Sur son vélo, elle peut pas mettre beaucoup de poids pour porter à la déchetterie !
     Bref, j’ai passé un moment à badauder de stand en stand, et chaque fois que je prenais une photo d’un objet qui me tirait l’œil, j’avais droit à un grand sourire, un échange de sourires. Et là… paf !
     Comment dire ? Je me sens mal pour ces gens qui stressent pour des petits riens, ceux qui pensent qu’on va leur cramer leur voiture à eux, qu’on va venir piquer leur jardinière de géraniums ou pisser le long de leur barrière. Vous savez ! Vous les connaissez ! Ce sont ceux qui habitent derrière des grands murs et où les chiens grognent et aboient dès que vous passez ! Essayez donc de mettre un papier dans leur boite à lettres ou de venir sonner sans avoir pris rendez-vous et ils les lâchent les chiens, sortent le fusil, appellent leur avocat…
     Quels traumatismes ont ils vécu pour que de petites choses les heurtent tant ? Combien de sourires et de gestes de sympathie leur faudra-t’il pour qu’ils s’ouvrent enfin, encore ? Je prends des photos parce que je trouve votre agencement agréable, vos souvenirs touchants…
     J’ai répondu:
"Je fais partie de l’organisation. Je prends des photos pour un compte rendu sur le site de l’association; vous pourrez aller le consulter."
     Et sachez bien que je vous souhaite une superbe journée et que vous retrouviez le sourire très vite. Allez, retour à ma permanence dans la salle d’exposition !

"C’est vous, l’auteur des poèmes, là-bas ?
– Oui, c’est moi…
– Certains sont très beaux !"
     Tiens ! Je pense que je vais oublier la râleuse pour ce nouveau rayon de soleil, oublier celle qui fronce le sourcil pour celle dont le sourire illumine l’instant. Pour chaque caillou dans ta chaussure, tu trouves une fleur qui t’en distrait, un banc ombragé pour libérer le caillou et agiter tes orteils au soleil du jour.
Impressions_20_1      Bref, la journée a été ensoleillée, les tripes de 10h un peu trop poivrées mais les frites excellentes, et la bière pression fraiche à souhait… de plus en plus fraiche d’ailleurs ! Rien ne me coupe l’appétit… c’est dommage, un peu. Je n’ai même plus envie de montrer cette photo d’abord; elle est moche ! Hé oui ! J’ai droit à mes états d’âme aussi !

     Au moment où fleurissent les sites d’échanges – de biens de consommation ! – ce concept de Foire aux Greniers voit arriver des flopées de gens plus curieux qu’intéressés par l’achat. C’est aussi un but de promenade dominicale, on le voit après 14h, alors que les vrais acheteurs, les chercheurs de trésors, sont là avant même qu’on ouvre le coffre de la voiture, prêts à bondir sur la merveille inconnue. On y croise beaucoup de promeneurs, donc, et certains viennent voir ce que leurs voisins ont entassé, avec l’idée sous-jacente de faire de même, monnayant plus ou moins honnêtement ses encombrants.

merde-artiste-1961 Si j’allais jusqu’au bout de la provocation, je demanderai: "Que vaut ma merde ?"
     Piero Manzoni l’a expérimenté dès 1961, littéralement, en mettant ses excréments en boite à vendre; et ça a plutôt bien marché puisqu’on s’en souvient encore et vraiment comme une démarche artistique.
Là où j’encourage chacun à exprimer son talent, c’est ce que je mets en avant dans les affiches de l’exposition d’artistes que j’organise au sein de l’ASLO, je me dois d’encourager ces pratiques. Cela fait aussi le lien entre l’exposition et la foire qui se déroule au dehors.
     Bon, tout ça est aussi pris sur le ton de la plaisanterie; voyons plutôt le coté pratique de la chose.


     J’ai un vieux service dépareillé ! Est-ce que ça peut "arranger" quelqu’un ? Plutôt que de jeter la théière dont j’ai brisé le couvercle, vais-je la garder et faire la tournée des foires du département pour trouver la personne qui a brisé la théière mais gardé le couvercle ? Et lequel d’entre nous n’aura pas acheté une nouvelle théière pour profiter de sa boisson favorite ? Tout ça peut prendre des mois, des années… des siècles !
     Et je ne parle pas de vieux matériel électronique; je voyais passer des gens dans le hall d’accueil qui venaient profiter d’une prise de courant pour tester ce qu’ils avaient envie d’acheter mais dont ils voulaient que ça fonctionne, ce qui semble légitime. Et… si je vend un vieux moulin à café à manivelle, est-ce à moi de fournir le café d’essai ? Mon vieux lecteur de vidéo K7, j’amène une cassette ET la télé en sus ?

P1050899r
     A part ça, je craque devant les files de chaussures de bébé. On suit le bambin à la trace, de la naissance à… ce grand adolescent assis en bout de rayon; il chausse du 46 !


     Je remercie exposants et badauds pour cette journée très agréable. Un grand merci à Hélène, accorte cantinière, pour m’avoir autorisé une ardoise, scrupuleusement payée en fin de journée. Merci à Annick pour m’avoir accompagné la journée durant et à ma douce épouse pour avoir passé de longs moments à me soutenir moralement… ou à commenter ses œuvres 😉

La galerie complète de la journée, avec photos des œuvres, est sur Picasa, ici !

Cette semaine, je me détends, pardon pour mes silences. Je vais aussi écrire à mes invités du 19 juin et, dès demain, essayer la cramaillote suggérée par ma Zéphyrine adorée; si tout va bien, vous en gouterez !

Publicités
Cet article a été publié dans Humeurs. Ajoutez ce permalien à vos favoris.

11 commentaires pour Résumé d’une journée pas comme les autres…

  1. salamandrina dit :

    … Une belle journée !Courage… il manque une photo à la galerie complète !Un poème ! Je suis sûre que la photo existe… et qu’elle est bonne !

  2. Frederic dit :

    Hé bien même pas, ma Jo… la photo, tu la vois plus haut, ce nounours coincé dans une étagère avec sa prorpiétaire qui passe devant… même cette photo elle l’a gâchée, même ce nounours, il est isolé, enfermé… c’est terrible !;-)

  3. ♥.҈.҈.♥. Zéphyrine dit :

    Mais mon décrotte sabot, n’est pas un objet inutile.Où alors tu parles d’une autre Zéphyrine?…Je ne fais pas les foires pour ma part, je suis plutôt du genre jeteuse..Et j’ai horreur des choses que les autres ne veulent plus!..

  4. ♥.҈.҈.♥. Zéphyrine dit :

    Tiens j’avais fait un billet sur la merde en boite..il y a des lustres

  5. Frederic dit :

    C’était un clin d’oeil :-)Et tu l’auras compris, ma Zéphyrine a vendu son cheval pour s’équiper d’objets modernes, dont un vélo. Plus besoin dès lors de cet objet fabuleux… dont nous avions trouvé quantité d’usages !

  6. PAT dit :

    Frèd un grand partagemerciiion s’instruit toujours chez toimes bisoussssssssss

  7. Mary Athenais dit :

    C’est toujours un plaisir de te lire Mon Fred :-)Plein de bisous !!

  8. Klara dit :

    Il faut prendre "discrétement" les affaires des autres en photo … m’enfin !et si "tu frappes" cheval dire à tout le monde …hihiFr@ne etc …

  9. salamandrina dit :

    Heuhhhh… ou tu fais semblant de ne pas comprendre… ? ou..Je parlais de la photo d’un de tes poèmes dans la galerie d’expo ???Douce journée à toi 😉

  10. Klara dit :

    雅婷a écrit : Il ou elle est partout ceux là …J’espère que Eéphy t’amènera du Munster coulant pour les tartines du matin …Bon début de Mai !BisesFr@ne

  11. Frederic dit :

    Désolé, Jo… j’avais compris la photo prise chez la récalcitrante. Dans la galerie complète, il y a des photos de mes poèmes bien entendu 🙂

Répondre

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l'aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s