Caractérologie appliquée

(Écrit le 7 décembre 2007)

Allez, c’est parti, ça couvait depuis quelques temps, je vais faire ce dont chaque homme rêve un jour, et ce, qu’en même temps, il craint le plus. Je vais tenter de pénétrer les pensées d’une femme…

Mesdames, je vais vous expliquer ce que les hommes ont dans la tête, et ils vont mettre ma tête (au mieux) à prix.
Messieurs, je vais vous dire pourquoi, après avoir fermement dit non, vous vous retrouvez à essayer de comprendre pourquoi vous faites ce que vous refusiez l’instant d’avant, et elles vont me haïr et (au mieux) me rayer de leur répertoire.

Alors, pourquoi me lancer dans cette autodestruction, me direz-vous ?
J’ai parfois l’impression que nos vies seraient plus calmes si hommes et femmes arrivaient à se mettre au diapason, que les journées seraient plus calmes si les choses étaient ressenties de manière similaire, que marchands de mouchoirs ou marchands de vaisselle verraient baisser leurs ventes, mais bon, ils songeraient à se reconvertir dans les fleurs, les sucreries ou les huiles parfumées.
On y va ?

Quand votre partenaire dit blanc:

  • Madame, il veut dire blanc, il dit blanc, il affirme que c’est blanc, sans une once de gris ou d’autre chose. Jamais il n’imagine que la couleur va changer, subtilement d’abord, puis plus vite, pour aboutir en fin de discussion à un joli camaïeu de couleurs pastels. Jamais il ne s’est douté du nombre de possibilités offertes par ce blanc; le pire qu’il aie pu envisager, c’est juste une trace noire, laissée par un doigt mal lavé… pas vraiment sa faute… on va pas en faire tout un plat ! Eh merde… "NON je te dis, pas fait exprès ! TA mère m’a énervé d’abord…"
  • Monsieur, elle a dit blanc, oui, nous avons tous entendu comme vous. Dans un coin de notre cerveau primaire, une petite cellule a commencé à clignoter… en rouge ! Une cellule isolée que l’évolution n’a pas jugée bon de multiplier, donc ça doit pas mettre en jeu la survie de l’espèce, mais qui a néanmoins traversé les millénaires, preuve que ça doit jouer sur la survie de l’individu quand même. Par une subtile alchimie, votre joli blanc immaculé a changé, tournant au cauchemar pour caméléon hystérique. Les plus sages expireront lentement l’air qu’ils avaient inspirés d’un coup, souriront tendrement et hocheront la tête en un assentiment respectueux. Les promus récents au titre de compagnon de vie feront bien de prendre exemple sur leurs ainés afin de préserver leur cadre de vie… "et touche pas à ma mère !"


Quand votre partenaire dit sucré:

  • Madame, n’hésitez pas, c’est sucré. C’est sucré ! Vous ne comprenez pas quoi ? Le sucré est un goût de base, au même titre que l’acide, le salé ou l’amer (non, pas la mère, enfin surtout la tienne qui est en même temps salée, acide et amère – tiens, encore un exemple de complications inutiles…). Ne cherchez pas d’explications, s’il vous plait. Quand un homme dit sucré, il parle vraiment du gout de base, il n’y a aucun sous entendu. Sauf peut être quand il prononce le mot devant un joli décolleté et qu’il finit en s’humectant les lèvres de la langue, et encore, il a sans doute cette sensation de sucré sur les lèvres.
  • Monsieur… reprenons. Je vous refait pas le topo, vous avez remarqué la petite lumière rouge. Pour une femme, le sucré se réfère également à un gout de base, c’est le coté humain de la femme. Mais… mais s’y attachent des notions aussi variées que Venise, une bougie sur une table, le parfum des amandiers sauvages sous une lune complice, un petit écrin glissé sur une table de restaurant… Je sais ! Elles compliquent tout. A leur décharge, je dirai qu’elles arrivent à tout gérer, donc, pas de souci.


Bon, attaquons le gros morceau maintenant, enfin pas gros en taille puisque le mot ne fait que trois lettres, mais gros en conséquences. Pas le "oui", ce mot là c’est vous qui le direz comme dans un songe, peu conscient d’ailleurs de tout ce qu’il implique. Pour l’homme, le oui n’est qu’un assentiment simple et direct; il a rarement remarqué le tas de valises qui attendent derrière. Enfin bon…
Quand votre partenaire dit non:

  • Madame, c’est perdu, n’insistez pas. Quand un homme dit non, il pense non. Bon, j’admets qu’en ce cas précis il a, peut être, une arrière pensée qui se pourrai traduire par: "va mettre ton petit ensemble noir avec les rubans rouges et reviens demander gentiment, je finis ma bière". Un peu caricatural, je l’avoue, cette attitude est déplorable, tout juste digne d’un enfant de 5 ans, et encore.
  • Monsieur, c’est gagné, foncez ! Nan, je plaisante… vous y avez cru ? Quand une femme dit non c’est un mot qu’elle prononce, un mot utile quand on est une femme, fragile, désirable, un mot qui tient à distance le mâle conquérant. Aucune pensée consciente n’a engendré ce refus, il s’agit là, également, d’un neurone maintenu actif par l’évolution. Je n’ai pas la place ici de vous détailler le cheminement des pensées sous-jacentes à ce non; elles vont du "non ! dégage gros lourd !" ferme et définitif au "oui, enfin ! viens, prends moi ! oui, oui, là, maintenant !" exhubérant. Enfin, je crois…

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